La Marées Gesellschaft

Pourquoi?

Le désir de création d’un cercle pan-européen d’amateurs d’art et de culture est né juste avant la première guerre mondiale dans la tête de Julius Meier-Graefe, le célèbre critique-écrivain allemand (1867-1935). Cette époque était en effet opportune et propice à la création de nouveaux ponts entre les nations, tant étaient fort le désir commun de suivre les nouvelles tendances ainsi que le manque de connaissances mutuelles des valeurs universelles, spirituelles et artistiques sur lesquelles l’Europe reposait. Les griefs tangibles, réels, entre nations entraina un déclin épouvantable du marché de l’art contemporain dans tous les pays européens dès les années 1910, ce qui diminua encore le potentiel d’interaction.

Le déclanchement de la guerre repoussa la fondation de ce cercle rêvé par Julius Meier-Graefe. Mais les raisons originales de sa création étaient plus que jamais encore présentes en ce début de première guerre mondiale. La destruction des infrastructures, les morts par milliers et la violence absurde, sans sens, amorale ne firent que renforcer le besoin de partager, d’unir les cultures restées fidèles à l’Europe. C’est donc alors que le feu des combats était incessant, de Verdun à la campagne russe, que Meier-Graefe fonda la Marées-Gesellschaft en 1916, à son retour de captivité en Russie. Si le temps et les circonstances étaient différents, le but premier de la société n’avait lui pas changé : favoriser les relations entre les peuples au travers de la culture. Mais l’urgence en fit une nécessité, et plus une envie.

Le nom de la Société vient de Hans von Marées (1837-1887), dont Meier-Graefe se sentait très proche, et qui avait comme lui vécu de nombreuses années à l’étranger, fut soldat, et qui avait une relation toute particulière avec la mère patrie. Von Marées était un peintre allemand qui vécut dès 1864 en Italie, envoyé par Adolf Friedrich von Schack pour copier les œuvres des grands maîtres italiens, et qui travailla ensuite sur des thèmes mythologiques. Le cachet utilisé sur toutes les œuvres publiées par la Marées Gesellschaft porte d’ailleurs l’image de l’enlèvement du plus beau des mortels, Ganymède.
L’initiative de Meier-Graefe de publier des œuvres européennes alors même que la guerre battait son plein n’était pas gagnée d’avance. Il commença par publier les œuvres de grands poètes et artistes allemands, russes, anglais, suisses et dont l’approche pouvait être reconnue universellement. Il trouva tout de suite un public, tant un Allemagne que dans les pays ennemis d’alors.

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